L’Afrique a toujours suscité des passions à la mesure de son immensité,

L’Afrique a toujours suscité des passions à la mesure de son immensité, de ses paysages grandioses et de la diversité de ses peuples et civilisations.Les investisseurs étrangers affluent, attirés par un marché d’un milliard d’habitants dont la population pourrait doubler à l’horizon 2050.Beaucoup reste à faire : un Africain sur deux vit encore sous le seul de pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour), les pandémies et les maladies infectieuses continuent de faire des ravages au sein des populations, l’accès à l’eau potable et à l’énergie reste limité, et les pratiques de corruption et de clientélisme sont encore profondément ancrées dans les moeurs.  Des pays comme le Nigéria, l’Angola, voire l’Ethiopie, aspirent également à jouer un rôle de leader régional. L’Afrique du Sud a également joué un rôle déterminant dans la création en 2003 de l’Union Africaine (UA), sur la base de la vieille Organisation de l’Unité Africaine (OUA) créée en 1963 dont le rôle avait été jusque là desplus limités. Le NEPAD lancé en 2001 par le président sud-africain Thabo Mbeki avec le soutien du Secrétaire Général des Nations Unies de l’époque, le Ghanéen Kofi Annan, reflète les ambitions de puissance régionale de la nation « arc-en-ciel ».Les Africains eux-mêmes se sont saisis de leur destin et ont décidé d’accélérer l’intégration économique et politique à l’échelle du continent.Certes, ce genre de pratiques a pu exister et existe encore, mais les Africains ne sont pas dupes. Ils demandent aujourd’hui de plus en plus à leurs partenaires chinois des transferts de technologie, une indigénisation de la main d’oeuvre employée sur les chantiers, et une aide au développement d’industries manufacturières créatrices d’emplois, sous la forme de joint-ventures sino-africaines dans l’agroalimentaire ou le textile, comme c’est le cas en Ethiopie, en Zambie, en Angola et dans d’autres pays du continent.Il y a eu l’arrivée des Chinois bien sûr ou plutôt un regain d’intérêt de la Chine pour le continent africain, pour des raisons essentiellement d’ordre économique, contrairement à la teneur idéologique des premiers partenariats, il y a quarante ans, lorsque le Premier ministre Zhou Enlai sillonnait le continent africain pour engranger les soutiens diplomatiques,afin de rompre l’isolement international de la jeune République Populaire de Chine. Cette année, l’Assemblée annuelle de la Banque Africaine du Développement (BAD), qui se tient du 28 mai au 1er juin à Arusha en Tanzanie, a pour thème : « L’Afrique dans la nouvelle donne émergente mondiale ». Saignée par l’esclavage et la colonisation, et traversée de grandes fièvres idéologiques, l’Afrique est encore associée dans l’imaginaire occidental aux conflits – civils ou interétatiques -, à la corruption des élites économiques et politiques, aux famines, et aux pandémies telles le VIH.L’accent est résolument mis sur la croissance et l’investissement.

Victor Sossou

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