Une stratégie qui si elle réussit laisserait la portion congrue à ses concurrentes…

Au Bénin, South African Airways est en approche d’atterrissage. Au Niger, Asky dessert Lomé une fois par jour. Enfin, au Togo, la concurrence fait rage entre Ethiopian Airlines et sa filiale (95 % de part de marché vers l’Asie) et la RAM (4 vols par semaine).D’où cette volonté aujourd’hui d’Air France KLM, qui défend son leadership sur cette zone, de mener une stratégie offensive sur le continent pour préserver ce marché rentable. Quitte parfois à prendre quelques risques. En avril 2011, lors de la crise en Côte d’Ivoire, Air France a été la compagnie qui a maintenu le plus longtemps ses vols jusqu’au 31 mars et a été la première à reprendre son exploitation le 8 avril avec le souci de revenir au plus vite à son programme initial.En Côte d’Ivoire, Turkish Airlines pourrait débarquer prochainement tandis qu’Emirates assure un vol quotidien. Au Burkina Faso, Royal Air Maroc (RAM) titille avec une politique de prix agressive et Ethiopian Airlines et sa filiale Asky Airlines domine sur les liaisons vers le Moyen Orient et l’Asie. Au Bénin (2 vols par semaine les mêmes jours qu’Air France), elle va proposer un vol direct Cotonou-Bruxelles.  Elle va augmenter ses vols sur Abidjan à partir d’avril, en opérant une liaison quotidienne toute la semaine. Une stratégie qui si elle réussit laisserait la portion congrue à ses concurrentes, qui ont, elles aussi, des ambitions.Un rêve caressé par les autorités ivoiriennes, notamment le président du conseil d’administration de l’aéroport Houphouët-Boigny, le général Abdoulaye Coulibaly. Enfin, cerise sur le gâteau, Air France n’exclut pas de poser le géant des airs, l’A380, sur le tarmac de l’aéroport international d’Abidjan.  Air France tente également de séduire la compagnie sénégalaise, Sénégal Airlines, dirigée par Karim Wade, l’un des fils du président, et liée à Emirates. « La porte est ouverte à Sénégal Airlines », explique-t-on chez Air France. Et de conclure sur le sujet, que « cette stratégie a un volet défensif, il vaut mieux que ce soit nous que d’autres ».En outre, pour verrouiller le marché, la future compagnie est déjà en train de négocier des accords commerciaux (code share) avec Air Mali et Air Burkina afin d’éviter une guerre des prix suicidaire. La Côte d’Ivoire sera la rampe de lancement vers le sous-continent où Air France va essayer de rayonner avec l’appui d’Air Côte d’Ivoire.Air France, qui détiendra 35 % de la nouvelle compagnie en partenariat avec le fonds Aga Khan pour le développement économique en Côte d’Ivoire (dont 20 % en propre), a également décidé d’augmenter sa puissance de feu vers l’Afrique.”A l’inverse, explique-t-il, il serait risqué de ne pas le faire. Une opportunité que ne souhaitait pas gâcher la compagnie tricolore, qui veut faire de l’aéroport international Houphouët-Boigny le hub de l’Afrique de l’ouest pour desservir le réseau régional à partir d’avril avec deux A319 loués, puis à l’automne, le réseau domestique (quatre à cinq lignes dans un premier temps).

Victor Sossou

 

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